Après les manifestations anticorruption de 2025, le Parti centriste Rastriya Swatantra Party a remporté, le 5 mars au Népal, les élections législatives. La minorité chrétienne du pays s'interroge sur la place que le nouveau gouvernement accordera à la liberté religieuse.
Le Parti politique centriste Rastriya Swatantra Party (RSP) dirigé par Balendra Shah a remporté les élections législatives, obtenant la majorité au Parlement, le 5 mars au Népal. Ces élections ont été organisées après les manifestations de 2025 contre la corruption, qui avaient entraîné la chute du gouvernement précédent.
Le programme du RSP contient une centaine d’engagements politiques. Parmi eux, la lutte contre la corruption, la modernisation de l’État, ou encore la relance de l'économie et la création d’emplois.
Espoir et inquiétude des chrétiens
L'arrivée de ce nouveau gouvernement, qui se veut en rupture avec les partis traditionnels, a suscité des réactions mitigées au sein de la population chrétienne. Celle-ci se demande si les nouveaux dirigeants accorderont de l’importance à la liberté religieuse et assureront une protection contre les menaces provenant de groupes extrémistes.
Un chrétien, qui a demandé à rester anonyme, a fait part à International Christian Concern de son inquiétude. Il craint ce nouveau pouvoir inconnu et à un éventuel retour en force de l'extrême droite du pays qui a limité la liberté religieuse.
"Les chrétiens pourraient souffrir encore davantage sous le nouveau régime. Les difficultés pourraient s’intensifier alors que des groupes de droite agressifs tenteront de regagner le terrain perdu."
D’autres voix se montrent toutefois plus optimistes. Un autre chrétien a affirmé que chaque fidèle devrait se réjouir de ce changement, car il ne cherche pas à "créer un royaume hindou".
"Ces élections ont été menées autour de questions comme la corruption et le chômage, plutôt que sur l’idée de créer un royaume hindou. Le peuple a rejeté les forces de la corruption et recherche désormais de véritables réformes ainsi que le respect de l’État de droit."
Selon, l’ONG Portes Ouvertes dans sa Constitution, le Népal est un État multiethnique, multilinguistique, multireligieux et multiculturel. Cependant, la conversion à une autre religion est interdite dans la constitution et le code pénal encadre très strictement toute activité religieuse suceptible de nuire à l'ordre public et à la moralité.
Dans ce contexte, les convertis de l’hindouisme au christianisme sont les plus persécutés, subissant des pressions de leur entourage et des autorités locales pour avoir "dévié" de la foi ancestrale.
Elormise Pierre